La Lune

(musique installation au plateau : « J'ai demandé à la Lune » Indochine)

VM et vous tous mes FF et mes SS en vos grades et qualités,

Qui m'a demandé la Lune ? Personne. A l’origine je voulais vous parler du restaurant La Lune à Azabu Juban, par le menu. Mais de peur qu'une telle planche, sans pain, ne creuse un estomac déjà vide plutôt que de satisfaire votre appétit, faute de croissants, je vais plutôt vous parler de la lune. Pas la mienne, rassurez-vous ; l'astre de notre voûte étoilée, le satellite de notre bonne vieille Terre, celui qui se reflète sur notre tapis de loge. Objectif Lune !

Je ne vous promet pas la Lune dans son intégralité, ce serait beaucoup trop long, il nous faudrait plusieurs lunaisons. Et puis la Lune a toujours une face cachée, qui recèle beaucoup de mystères, sans nul doute réservés aux hauts grades. Dans ce petit tour de Lune, nous allons d'abord faire un peu de linguistique et réviser nos calendriers, puis je vais essayer de vous assommer avec un peu de physique et d'astronomie, avant de retomber sur Terre pour s'intéresser aux effets de la Lune sur notre planète.

Étymologie et linguistique

A l'origine dans les langues indo-européennes, le mois et la Lune sont désignés par un même terme masculin : mênê en grec et mensis en latin. Mensis semble par ailleurs être rattaché à metiri, le mot grec à l'orgine du français « mesurer », ce qui s'explique car la Lune mesure le temps.

Mais l'astre passant pour avoir une influence néfaste, ce mot devient tabou et remplacé par des adjectifs substantivés féminins : Selênê en grec, qui signifie « lueur brillante », et Luna en latin qui veut dire « la Lumineuse ».

En Français, nous avons retenu le terme latin luna, devenu Lune. Le terme lune désigne également de manière générale les satellites naturels ; par exemple, Jupiter a 66 lunes. Quand on désigne le satellite de la Terre, la Lune prend une majuscule. D'autres mots français ont la même racine : lucide, luire, lumière, bien ou mal luné, et lunatique. L'ancien nom latin, mensis, a quant à lui donné les mots : mois, menstrues, mensuel, menstruel.

Les termes grecs mênê et selênê ont été moins persistant en français. Toutefois, on en trouve encore des traces, ainsi la sélénite ou pierre de lune est un cristal appartenant à la famille des feldspaths, sensé apporter la sérénité en lithothérapie, tandis qu'un sélénite désigne un habitant imaginaire de la Lune.

Les langues latines comme l'espagnol, l'italien, le catalan et le roumain ont repris le terme féminin la luna pour désigner l'astre, et les Portugais l'appellent Lua. Les langues d'origines germaniques ont quant a elle repris le terme grec mênê, devenu mǣnōn en proto-germanique, dont sont issus the Moon en anglais, der Mond en allemand, de maan en hollandais et måne en norvégien.

Le latin mensis a quant à lui donné son nom au mois, en islandais mánuð;, en anglais month, allemand Monat, gaulois mids, gallois mis, breton miz, irlandais mi.

Lundi

Petit pause musicale pour vous annoncer une grande nouvelle : Soleil Levant travaille à la Lune !

(musique : « Le soleil et la Lune » de Charles Trenet)

Donc je disais que Soleil Levant travaille à la Lune. Certains d'entre vous ont sans doute deviné pourquoi j'ai dit cela : parce que nous travaillons le lundi, et le lundi est littéralement le jour de la Lune. Notre tour lexical ne serait pas complet si on ne mentionnait pas le lundi, venant ainsi compléter une belle trilogie : astre, mois et lundi.

En français, comme dans la plupart des langues romanes, le mot « lundi » est issu du latin lunae dies signifiant « jour de la Lune ». Les deux mots ont donné lunedi en italien. Lunae seul a donné lunes en espagnol et luni en roumain. L'inversion des mots latins dies lunae a donné dilluns en catalan, dilun en occitan.

Les langues celtiques se réfèrent également à la Lune pour nommer ce jour. C'est le cas notamment du breton, du gallois et de l'irlandais ; je vous épargne les détails. [gallois Dydd Llun, vieux breton et locutions Dez Lun, breton Lun (un lundi & durée) ou Lunvezh (contenu), irlandais Dé Luain].

Dans les langues germaniques, c'est encore et toujours le jour de la Lune. On a ainsi en islandais Manudagur, en anglais Monday, en néerlandais Maandag, en allemand Montag. Et même en japonais, lundi est le jour de la lune !

Alors là me direz-vous, c'est bizarre : on peut aisément comprendre pourquoi les langues européennes, de par leurs origines communes, utilisent toutes la Lune pour désigner ce jour de la semaine. Il est en revanche plus difficile d'imaginer comment ce concept s'est exporté dans la langue japonaise. On peut aussi se demander pourquoi la semaine japonaise fait 7 jours comme la semaine européenne...

Jours de la semaine

Faisons donc un petit pas de côté vers le calendrier. Mais d'abord, d'où vient la semaine de 7 jours ?

Le terme semaine vient du latin septimana, terme lui-même formé de septem, le chiffre 7, et de mane, matin. Le même chiffre en grec se dit hebdomas, d'où on a tiré hebdomadaire.

La division du temps en période de sept jours semble avoir été utilisée d'abord par les Chaldéens, peuple de la Mésopotamie entre le IXe et le VIe siècle avant J.-C. On peut remarquer que 7 jours divise à peu de chose près une lunaison en 4, et une année solaire en 52, et que 52 est divisible en 4 saisons de 13 semaines, ce qui est bien pratique. De plus le chiffre 7 était considéré comme néfaste et il était recommandé de ne rien entreprendre tous les 7ème jours du calendrier. Enfin, il correspond au nombre d'astres visibles dans le ciel à l'œil nu : le Soleil et la Lune ainsi que les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

Ainsi, un jour de la semaine a été attribué à chaque de ces 7 astres. Le processus qui a donné l'ordre des jours de la semaine que nous connaissons est une curiosité un peu compliqué, mais je vais pas vous assommer avec ça, je préfère vous garder entier pour vous assommer plus tard avec les mouvements de la Lune. Passons également sur le débat sur le premier jour de la semaine, de samedi à lundi selon le cultures et les époques ; de toute façon la semaine est une boucle sans fin, un éternel recommencement. Passons enfin sur les fluctuations des noms des jours au fil du temps ; en deux mots, voir les jours dévolus à des divinités païennes ne plaisait aux curés, et l’Église a donc tenté de changer les noms des jours, avec un succès modéré. En français cela a donné le samedi, qui ne vient pas de Saturne mais de Sambati dies, jour du shabbat ; et le dimanche, jour du seigneur, Dominica dies en latin. Voilà le jour du seigneur en musique !

(musique : « Aujourd'hui c'est dimanche » VRP)

Semaine japonaise

Voilà donc les origines de la semaine occidentale. Comment est-elle arrivée au Japon ? Les première traces écrites de la semaine chaldéenne en Asie ont été trouvées en Chine et datent de l'an 400 après JC. Il est même possible que la semaine soit arrivée en Chine autour de l'an 100. C'est en 806 que le moine bouddhiste japonais Kobo Daishi (弘法大師) a rapporté au Japon la semaine chaldéenne, dans les écrits du moine et astronome d'Asie centrale Bu Kong, qui l'avait lui même tirée de sources en Inde.

La traductions du nom des jours du latin vers les caractères chinois fut directe. En effet, en chinois, il y une correspondance entre les 5 éléments primaires (feu, eau, bois, métal et terre) et les 5 planètes du système solaire connues à l'époque. Cette correspondance est largement antérieure à l'arrivée de la semaine. Le nom des planètes en chinois utilise le kanji d'un des cinq éléments associé le kanji 曜 qui signifie luminaire, et se réfère aux astres. Les noms écrits ont ensuite été importé de l'Asie sinophone vers le Japon, avec une lecture « on ». Conclusion, il faut lire 水曜日 comme 水曜 (planète Mercure) et 日 (le jour). Étymologiquement, 曜日 n'a pas de sens !

Les astronomes japonais étaient très intéressés par le travail de Bu Kong, et ont gardé pour eux la semaine des 7 luminaires. Ainsi On trouve par exemple en 1007 après JC la semaine avec les noms des jours utilisés aujourd'hui au Japon, dans le journal de l'homme d'Etat Fujiwara no Michinaga (藤原道長). Mais la semaine occidentale n'était connue que par les astronomes et les élites, et son usage ne s'est pas répandu dans la société. Elle fut transmise et conservée intacte pendant près de 1000 ans, dans l'ombre. Ce n'est qu'en 1876 qu'elle fut officiellement adoptée au Japon. Plus précisément, pendant l'ère Meiji, le Japon était sous la pression occidentale pour normaliser son calendrier et passer à une semaine de 7 jours. Plutôt que de katakaniser les jours anglais, le gouvernement japonais a préféré réutiliser le nom des jours en japonais en pratique chez les astronomes, pensant ainsi faire un acte patriotique de conservation culturelle. Mais au final, la langue japonise est celle qui a conservé les noms des jours les plus fidèles au système chaldéen !

Formation

Fini les problèmes de calendrier, retournons sur la Lune.

La façon dont s'est formée notre Lune n'est pas complément comprise aujourd'hui. Si vous me permettez un mauvais jeu de mot, je dirais même que la nouvelle Lune est obscure... L'hypothèse actuellement retenue par les spécialistes est celle d'une collision il y a environ 4,5 milliards d'années entre la Terre et un corps de masse environ 10 fois plus petite nommé Théia. Cette collision aurait propulsé beaucoup de matière en orbite autour de la Terre, et une partie de cette matière aurait formé la Lune par accrétion. La Lune serait en quelque sorte à la Terre ce qu’Ève est à Adam : une partie issue de soi-même. Adam et Eve seraient-ils en fin de compte une métaphore réaliste de la création de notre monde ?

Suite à cette collision entre la Terre et Théia, la Lune aurait eu une petite sœur. Mais ce deuxième satellite se serait ensuite écrasé sur le premier. Avec un peu plus de chance sur les trajectoires, on aurait pu avoir deux lunes !

Mouvements

Intéressons nous maintenant aux mouvements de la Lune, de la Terre et du Soleil.

Si on se place dans l'espace, très loin vers le nord, sur ce qu'on appelle le pole nord céleste, et qu'on regarde le mouvement de la terre et de Lune par rapport au référentiel du Soleil et des étoiles, voilà ce que l'on voit.

La Terre tourne autour du Soleil dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, dans un plan appelé plan de l'écliptique ou plan céleste, en un poil plus de 365 jours et quart [précession des équinoxes]. Par ailleurs la Terre tourne sur elle-même, toujours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, selon un axe incliné de 23° par rapport au plan écliptique, et fait 366 tours et quart sur elle-même par an. Pourquoi cette différence d'une unité avec le nombre de jours sur Terre ? Imaginons un instant que la Terre ne tourne pas sur elle-même : on aurait alors sur Terre un seul jour par an, et on verrait le Soleil se lever à l'Ouest. C'est cette pseudo-journée apparente qu'il faut retrancher au nombre de tours fait par la Terre sur elle-même, pour retrouver notre année de 365 jours et quart.

C'est un peu comme quand le maître des cérémonies fait un tour de la loge. En faisant un tour du tapis de loge, il fait en même temps un tour sur lui même. Vu de l'extérieur, au fur qu'il fait son tour, on voit successivement son côté droit, puis son visage de face, puis son côté gauche... Par contre, vu du tapis du loge, où plus généralement pour un observateur situé à l'intérieur de sa trajectoire, on voit toujours son côté droit ! L'observation dépend de l'endroit où on se place !

Tournons nous à présent vers la Lune. Celle-ci tourne autour de la Terre en 27 jours et 8 heures environ, toujours dans le sens inverse des aiguilles dans un plan incliné d'environ 5° par rapport à l'écliptique. Mais de la même façon que la rotation de la Terre autour du soleil venait soustraire un tour à ceux fait par la Terre sur elle-même, la rotation de la Terre autour du soleil vient changer la vitesse de rotation apparente de la Lune. Pendant que la Lune fait un tour, la Terre avance d'environ un treizième de tour autour du soleil. Pour se retrouver dans la même position par rapport au couple Terre-soleil, la Lune doit donc faire un treizième de tour en plus, ce qui lui prend 2 jours supplémentaires. Vu de Terre, une lunaison fait donc environ 29 jours et demi. Pour des raisons complexes, la durée des lunaisons varie de + ou – 6 heures !

Notons au passage que si il n'y avait pas cette inclinaison de 5° par rapport à l'écliptique, autrement dit si la Lune tournait dans le même plan que la Terre et le Soleil, nous aurions une éclipse de Lune et une éclipse de soleil à chaque lunaison !

Enfin, la Lune tourne sur elle-même, encore et toujours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le frottement des marées provoquées par l'attraction terrestre sur l'intérieur liquide de la Lune a peu à peu ralenti sa rotation, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus ni marées, ni frottements. C'est pour cela que la période de rotation de Lune sur elle-même est égale à sa période de rotation autour de la Terre, et qu'elle nous présente toujours la même face.

Ce qui est extraordinaire dans tout ca, c'est que sans la Lune, il n'y aura peut-être pas de vie sur Terre. En effet, les axes de rotation propre des planètes sans satellite comme Vénus et Mars ont tendance à bouger dans tous les sens, de manière chaotique. Sur ces planètes, il n'y a donc pas d'ensoleillement régulier, d'équateur toujours chauffé et de pôles jamais chauffés. La Lune joue un rôle stabilisateur pour la Terre, grâce auquel l'axe de rotation de la Terre reste stable, ce qui permet d'avoir un système climatique stable. Si les climats sur Terre étaient redistribués aléatoirement tous les quelques milliers d'années, la vie aurait-elle su se développer ?

Observation

Puisque la Lune ne tourne autour de la Terre qu'en 29 jours, le mouvement apparent de la Lune dans le ciel est essentiellement dû à la rotation de la Terre sur elle-même. Ainsi, comme le Soleil, la Lune se lève à l'Est et se couche à l'Ouest. Et si on est au delà de 30° de latitude nord dans l'hémisphère nord, on verra toujours passer la Lune au Sud.

Comme la lune n'est pas un point fixe contrairement aux étoiles, mais accompagne la rotation de la Terre sur elle-même, en apparence un tour de Lune dure un peu plus de 24h. La Lune se lève chaque jour en moyenne 50 minutes plus tard que le jour précédent, et reste en moyenne 12h30 dans le ciel. Mais ces moyennes sont assez variables, à cause des inclinaisons de l'axe de rotation de la Terre et du plan de rotation de la Lune. Il faut surtout en retenir que la Lune n'est pas vraiment un astre de la nuit, elle peut se lever et se coucher à n'importe quelle heure de la nuit et du jour !

Alphonse Allais a dit : « La lune est pleine et on ne sait pas qui l'a mise dans cet état. » C'est pourtant simple : c'est le Soleil ! La Lune est pleine quand sa face éclairée par le soleil est du côté de la Terre. C'est à dire quand elle est à l'opposé du soleil par rapport à la Terre. Dans cette position, elle est visible par toute la face non-éclairée de la Terre. Donc quand c'est la pleine Lune, la Lune est visible toute la nuit ou presque. Inversement, la nouvelle Lune est du côté du Soleil, donc visible depuis la face éclairée de la Terre, et donc visible pendant la journée. Comme la nouvelle Lune est très sombre, en général on ne peut pas la trouver dans le ciel.

Ce qui inspira peut-être cette petite phrase d'Alexandre Vialatte :

« La Lune éclaire la nuit, ce qui est extrêmement utile.
Le soleil éclaire le jour, quand il n'en est pas besoin. »

En revanche, d'Aurélien Scholl a tout faux, je cite : « Le monde est bien mal fait : c'est justement pendant les nuits les plus noires qu'on ne voit pas la Lune ! » fin de citation.

Au contraire, le monde est très bien fait : quand la Lune est pleine, elle est présente toute la nuit pour nous éclairer ; quand elle est sombre, elle ne sort pas la nuit, puisque cela ne servirait à rien.

Et jamais deux sans trois, voilà une troisième citation. Certains disent que le Soleil est amoureux de la Lune. Je ne sais pas si c'est vrai, mais en tout cas la Lune n'est pas très recommandable : c'est, je cite, « Une dévergondée qui découche toutes les nuits, qui change de quartier toutes les semaines et qui est pleine tous les mois! ». [Auteur inconnu]

Taille apparente de la Lune

Une dernière petite remarque à propos de l'observation de la Lune. Vus de la Terre, le Soleil et la Lune ont a peu près la même taille. Ils ont tous les deux un diamètre apparent de 0,5° environ, ou 31 minutes d'angle. Le diamètre apparent du Soleil ne varie presque pas, mais celui de la Lune varie un peu, comme varie sa distance avec la Terre, puisque la trajectoire de la Lune n'est pas un cercle parfait mais une ellipse. Tout cela fait que lors des éclipses totales de Soleil, la Lune peut soit réussir à couvrir tout juste le Soleil, soit échouer de peu et laisser un fin anneau de Soleil visible tout autour d'elle. On parle alors d'éclipse annulaire, telle que celle que nous avons eu dans le sud du Japon en 2012. La nature est vraiment bien faite !

Marée

Voilà, j'ai fini de vous assommer avec des sciences... enfin presque. Passons maintenant à la troisième partie de cette planche, et aux influences de la Lune sur la Terre et sur les hommes.

Une des influences les plus immédiatement visibles est la marée. Mais la marée n'est pas due à la Lune seule, le Soleil a aussi une influence importante, environ moitié de celle de la Lune. Pour bien comprendre comment fonctionnent les marées, il faut s'imaginer que le soleil et la Lune sont fixes, créent un champ de gravité en fonction de leur configuration géométrique, et que c'est la rotation de la Terre sur elle-même dans ce champ de gravité qui crée des ondulations dans les océans. La Terre tourne, tandis que la mer essaye de rester en face de la Lune et du Soleil, donc de ne pas tourner.

Ces ondulations sur la mer se sont en fait mises en place sur de longues périodes, et la force d'attraction de la Lune permet juste de les entretenir, en régime permanent. Là où la configuration physique des bassins maritimes est en dissonance avec le rythme biquotidien que la Lune voudrait imposer à l'eau, il n'y a pas de marée.

Selon les bassins et les côtes, il peut y avoir 2 marées de tailles équivalentes par jour, ou bien une grande et une petite, ou bien encore une seule oscillation par jour, ou strictement rien comme en mer du Japon. Dans tous les cas, les marées sont plus fortes quand les 3 astres sont alignés, lors des nouvelles et pleines Lune, et encore plus fortes aux équinoxes de printemps et d'automne.

Petit retour en arrière : on a vu tout à l'heure que les marée provoquées par la Terre dans les liquides à l'intérieur de la Lune avaient synchronisés les vitesses de rotation de la Lune autour de la Terre et sur elle-même. Le phénomène inverse est également vrai : la présence de la Lune crée des marées sur les océans terriens. Ces marées ralentissent petit à petit la rotation de la Terre, et accélèrent la rotation de la Lune autour de la Terre. Au passage, la Lune gagne de la vitesse, donc s'éloigne de le Terre, actuellement au rythme de 4 cm par an. Ce phénomène durera jusqu'à ce que les rotations soient synchrones ; et alors une seule face de la Terre pourra admira la Lune ! Rassurerez-vous, ce couplage sera terminé dans environ 250 milliards d'années !

Influence sur la nature

La Lune a beaucoup d'autres influences sur la Terre et ses habitants. Par exemple, un coquillage appelé le nautile possède une coquille en spirale formée d’anneaux. Chaque jour, il forme un anneau supplémentaire. A chaque lunaison se forme une nouvelle cloison intérieure. Ce phénomène est lié à l’instinct de frai du nautile, qui le fait remonter près de la surface à chaque pleine lune.

Certaines femmes ont leur cycle qui s'aligne sur les pleines Lunes. Ma fille Tamaki est née le 1er mai 2007, la veille d'une pleine Lune. La maternité où ma femme a accouché fait en moyenne un accouchement par jour ; autour de la naissance de Tamaki, l'obstétricienne a réalisé 4 accouchements en 2 heures, et elle m'a affirmé que c'était comme cela à chaque pleine Lune.

Les agriculteurs et les gens de la campagne en général ont beaucoup d'idées et de pratiques transmises de génération en génération sur les influences de la Lune sur les plantes et les cultures.

Selon ces croyances, à la Lune croissante la sève des plantes circule plus vite et monte plus rapidement dans le feuillage. Les plantes poussent en hauteur : c'est la bonne période pour planter ou semer ce qui doit monter ou faire des graines, salades, poireaux, plantes ornementales. Les fleurs coupée pendant la lune croissante tiendraient plus longtemps, les fruits et les légumes récoltés se conserveraient plus longtemps.

La Lune décroissante quant à elle stimule plutôt les parties enterrées. Cette période serait donc propice aux différents travaux de repiquage et de plantation, car l'enracinement serait meilleur, et pour semer et planter tout ce qui pousse au ras du sol et ne doit pas monter à graines, en particulier les bulbes, les pommes de terre et les carottes. C'est également la bonne période pour élaguer les arbres, car la poussée de la sève est moins importante. Durant cette période, la réduction de lumière nocturne entraînerait une perte de vitalité des plantes, qui se concentreraient et se replieraient sur elles-mêmes, mais concentreraient également saveurs et odeurs et serait donc propice à la récolte des plantes aromatiques.

Enfin, certaines personnes s'accordent à penser que la Lune influence la pousse des cheveux. Les cheveux coupés en Lune décroissante repousseraient lentement, pour ceux coupés en Lune croissante, ils repousseraient plus vite. Il serait donc préférable de s'épiler et de se raser en période de Lune décroissante, et pour ceux qui veulent plus de cheveux de les couper en Lune croissante.

Enfants terminons ce petit tour en mentionnant que selon certains, les enfants sont plus agités les jours de pleine Lune.

Débat sur l'influence de la Lune

On vient de le voir, la liste des influences avérées ou supposées de la Lune est longue : marées, plantes, cheveux, menstruation et accouchement, humeur en général, etc. Mais une majorité de scientifiques récuse toutes les influences autres que la marée, disant que ce sont des croyances non fondées. Si vous regardez sur internet les pages sur les influences de la Lune, vous verrez des pages à caractère sérieux et scientifique (wikipédia entre autres) qui jettent de gros doutes sur toutes les influences de la Lune sur le vivant, et des pages personnelles faites par quelques convaincus qui décrivent très bien les phénomènes observés ou racontés par leurs grand-mères mais tentent souvent de les justifier par des explications qui scientifiquement ne tiennent pas la route.

J'ai beaucoup de mal avec cette division entre les scientifiques qui rejettent et excluent d'une part, et les hommes de la campagnes qui observent mais ne savent pas expliquer d'autre part. Étant moi même un peu des deux bords, je vais tenter pour terminer cette planche d'analyser cela et trouver un juste milieu.

D'abord, les « scientifiques » qui écrivent et lisent les pages sur la Lune sont en général des astronomes où des gens intéressés par l'astronomie. Les astronomes sont fondés par parler des astres, mais peu légitimes à analyser le vivant. De plus l'astronomie est une science dure, très dure, pleine de maths et de géométrie. C'est tout le contraire des sciences du vivant. C'est un peu comme si on demandait à un ancien vulcanologue et ministre de l'éducation d'élaborer une théorie sur le climat.

De l'autre côté, nous avons les gens de la campagne qui à l'évidence ont pour la plupart un bagage scientifique limité, et peu de compréhension des lois de la physique comme l'attraction universelle. Mais ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas analyser et justifier les phénomènes observés, où qu'ils les expliquent mal, que leurs observations sont fausses.

Ces savoirs sur le vivant sont un héritage accumulé au cours de siècles d'observation et de pratiques par nos ancêtres. Pour moi, on peut les comparer aux médecines traditionnelles comme l’acupuncture ou l’ostéopathie. Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas expliquer les mécanismes que l'observation ou la pratique est fausse. Pourquoi la lumière de la Lune ne pourrait-elle pas avoir d'influence sur le vivant ? Pourquoi les variations du champ de gravité dues à la Lune, aussi faibles soient-elles, et bien qu'elles soient suffisante pour engendrer des marées allant jusqu'à 16 mètres d'amplitude, ne seraient-elles pas perceptibles par les organismes vivant ? Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir d'autres vecteurs d'influence de la Lune que l'on n'aurait pas encore décelés ?

Il y a peut-être, sans doute même, une part de faux dans cet amalgame d'observations. Le rôle de la science est à mon sens de mettre du clair dans tout cela. Cela pourrait se faire en trois temps.

Dans un premier, il s'agirait de dresser un inventaire de ces savoirs anciens, en relevant et regroupant les savoirs de plusieurs pays ou zones culturelles, en établissant une cartographie ou une table de fréquences montrant l'importance de l'ancrage et de la diffusion de ces croyances.

Dans un deuxième temps, il faudrait essayer d'affirmer ou de réfuter la véracité de chacun de ces savoirs par des expériences menées scientifiquement, sur des échantillons suffisamment importants. Quelques expériences ont déjà été menées, mais trop peu. Il n'y a à ce jour presque aucune expérimentation de ce type publiée dans les revues scientifiques à comité de lecture.

Enfin, dans un troisième temps, il faudrait tenter de comprendre les mécanismes physiques et biologiques sous-jacent aux observations dont on aura pu affirmer la validité à l'étape précédente. La science aurait sans doute beaucoup à apprendre.

L'héritage des savoirs de la campagne est précieux, nous ne sommes plus capables aujourd'hui de générer ce type de savoir car nous n'en avons plus le temps, notre société va trop vite, et s'est à bien ou à mal trop éloignée de la nature. Ces savoirs sont je pense une clé d'accès à des mécanismes naturels aujourd'hui insoupçonnés.

En conclusion : Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles. (Les Brown)

(musique : « Fly me to the moon » Frank Sinatra)

Et pardon si j'étais dans la Lune. J'ai dit.

 


 

(musique départ du plateau : Sonate au clair de Lune, 3ème mouvement)

J'ai demandé à la Lune d'Indochine :

Cette chanson est dédiée aux « enfant de la Lune », atteints du xeroderma pigmentosum. Ce sont presque toujours des enfants car ils meurent jeunes de cette maladie. C'est une très forte allergie de la peau au soleil. Remarquez comme le bébé puis l'enfant que le chanteur porte dans le clip sont tous blancs, et qu'il a l'air de les protéger de quelque chose : c'est de la lumière du soleil.

Décrit en 18701 par Moritz Kaposi, le Xeroderma pigmentosum est une maladie d'origine génétique rare. Elle se caractérise par une sensibilité excessive de la peau au soleil, des troubles oculaires et un risque multiplié par 1 000 de développer un cancer de la peau ou des yeux. Concrètement, les mécanismes de réparation de l'ADN sont inopérants et n'arrivent pas à réparer notamment les dimères de thymine. Plus précisément, ces patients sont déficients dans l'un des gènes codant les protéines participant au mécanisme de réparation par excision de nucléotides. Les mutations dues à l'environnement (surtout les ultraviolets) s'accumulent donc au cours des mitoses successives.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cèpe_de_Bordeaux

Contrairement aux croyances populaires, les phases lunaires n'influencent pas l'apparition des cèpes. Il ne pousse pas non-plus plus vite pendant la nuit. Si l'on vous précise qu'il faut aller tôt à la cueillette, c'est simplement pour arriver avant les autres récolteurs...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Phases_lunaires

Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour. Ecrivain français [ Jules Renard ]

La Lune est très présente dans de nombreuses mythologies et croyances folkloriques, et a souvent été associée à des divinités féminines. Ainsi, la déesse grecque Séléné (Luna chez les Romains) a été associée à la Lune, avant d’être supplantée par Artémis (Diane chez les Romains). En revanche, la déesse japonaise Amaterasu est associée au Soleil et son frère, Tsukuyomi, est lui associé à la Lune, de même chez les Mésopotamiens, où le dieu Nanna (ou Sîn) est associé à la Lune. Cette inversion est également présente dans les mythologies nordiques et germaniques (scandinave, lettonne…), et c’est pourquoi J. R. R. Tolkien l’a reprise dans sa mythologie de la Terre du Milieu, faisant de Tilion le dieu de la Lune et d’Arien la déesse du Soleil.

Introduite à Rome au VIe siècle av. J.-C., Diane reçut un culte sur l'Aventin en tant que déesse lunaire dispensant la lumière nocturne (un siècle plus tard, elle sera assimilée à l'Artémis grecque).

Personnifiée par la déesse Artémis, sœur jumelle d'Apollon, fille de Zeus et de Léto Séléné, déesse de la lune, sœur d'Hélios (dieu du Soleil)

Chaque planète règne à tour de rôle sur une heure du jour, dans un cycle continu, en commençant par les planètes les plus lentes, soit de Saturne vers la Lune (ordre établi par les Chaldéens : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure et Lune). Chaque heure de la journée est régie par une divinité, à tour de rôle dans l'ordre Chaldéen, en commençant par Saturne pour la première journée. et chaque journée est régie par la divinité qui régie sa première première. La première heure du premier jour est régie par Saturne, la deuxième par Jupiter, …, la 8eme, 15 et 22e par Saturne, la vingt-quatrième heure qui sera régie par Mars, la première du jour suivant par le Soleil. Ainsi la première journée de la semaine est régie par Saturne (Saturday), la deuxième par le soleil, etc. (24[7]=3, chaque jour on avance de 3 dans l'ordre des planètes).

Planche présentée par B. R. le 4 février 2014 devant ses FF et SS de Soleil Levant, loge francophone du Droit Humain à Tokyo